Stratégies : « Le ras-le-bol des agences… »

Estrosi énerve les pubards, Nice-Matin refuse la polémique
Entre pubards et politiques, on n’est pas loin des gros mots sur la côte d’Azur. Tout cela à cause de deux appels d’offres annulés par le cabinet du maire et ministre Estrosi. Le syndicat des agences de communication monte au créneau, mais se voit privé d’expression par le quotidien local du groupe Hersant. Enquête.
La publicité réfusée par Nice-Matin (DR)
Ci-dessus, l’encart publicitaire que les lecteurs de Nice-Matin n’ont pas pu lire. Un message directement adressé au ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, ci-devant toujours maire de Nice. La charge est forte…
« Les agences conseils en communication ne veulent plus participer à des appels d’offres où tout le monde perd. Lors des derniers mois, deux appels d’offres concernant la communication ont été classés sans suite par vos services, alors que les agences de la Côte d’Azur avaient investi beaucoup de temps, de travail et de créativité pour y répondre au mieux. »
…mais pas forcément compréhensible pour le commun des lecteurs. Reprenons.
Avant les vacances, l’Office du tourisme de la ville, présidé par le maire Christian Estrosi, lance un appel d’offre pour moderniser son logo et sa charte graphique (très « années 80 » à mon sens). Idem du côté de la Communauté d’agglomération de Nice Côte d’Azur (CANCA), qui veut promouvoir sa politique de développement durable par une grande campagne de com’.
Une vingtaine d’agences de la Région se lancent dans la course à l’échalotte :
« Cela représente pour chaque entreprise un investissement de 10 000 à 30 000 euros, explique Philippe Français, président de l’Union des conseils en communication (UCC) Méditerranée. Avec le travail de création, de conception, le médiaplanning… etc. »
Le verdict tombe à la rentrée : aucune proposition n’est retenue. Explication officielle : « disparition du besoin public ». (voir la lette ci-dessous)
Derrière cette imagination administrative débordante, il faut en réalité voir l’intervention du cabinet du maire. Le député UMP Rudy Salles, vice-président de l’Office, raconte l’histoire :
« Quand j’ai présenté ça au ministre, il m’a dit : “ C’est pas le moment, ces logos sont intéressants mais nous avons une réflexion pour revoir l’ensemble de notre charte graphique. ” Nous avons donc été obligés d’arrêter cette consultation. Il nous a semblé plus pertinent de faire comme ça, ce sont des contre-temps d’agenda. Mais ce n’est pas une polémique, c’est un loupé malheureux. »
Philippe Français, lui, ne décolère pas :
« En ces temps de crise, c’est une décision insupportable. Nous représentons 70 agences qui emploient 1500 personnes dans la région. Nous voulons que les procédures d’appel d’offres soient plus professionnelles. Comme dans les projets d’architecture, nous voulons être dédommagés des frais techniques. »
Les pubards sont d’autant plus furieux, qu’il y a quelques mois, le Conseil général des Alpes-Maritimes, à majorité UMP, a payé une campagne intitulée « Stop la pub », pour éviter le bourrage de boites aux lettres par les tracts.
Fureur redoublée le jour où Nice Matin a refusé de publier leur encart publicitaire prenant à partie le ministre-maire. Selon Philippe Français, le journal aurait estimé le texte « trop polémique ». Contacté par Rue89, ni la direction, ni la rédaction du quotidien n’ont souhaité commenter cette affaire, tout en reconnaissant bien avoir refusé la publication de l’encart.
Le torchon brûle entre l’UCC Méditerranée (Union des conseils en communication) et les collectivités (mairie, Communauté urbaine et Conseil général). Dans une campagne « Stop aux compétitions qui finissent mal » le syndicat dénonce les consultations déclarées « sans suite » qui font « travailler les entreprises de façon inutile ».
Le torchon brûle entre l’UCC Méditerranée, l’Union des Conseil en Communication (70 agences) et les collectivités niçoises (mairie de Nice, Communauté urbaine et Conseil général). Il y avait eu d’abord au printemps dernier la campagne « Stop Pub » du Conseil général que le syndicat professionnel des agences de communication du sud-est avait trouvée amère parce que jugée agressive et outrancière. Puis il y a eu entre autres deux consultations déclarées « sans suite ». L’une par l’Office de tourisme de Nice; l’autre par la communauté urbaine, la CUNCA sur le « développement durable ». « Faire travailler ainsi de façon inutile des entreprises dans un contexte de crise économique relève d’une certaine désinvolture et d’une grande méconnaissance des contraintes auxquelles les agences-conseil de la région sont confrontées », proteste l’UCC Méditerranée.
Une campagne jugée trop « polémique » par le quotidien régional
Pour se faire entendre, le syndicat avait cherché à alerter élus et opinion publique sur ces décisions d’appels d’offres publics qui, selon lui, « ne respectent pas le travail, la déontologie et l’investissement des agences-conseils de la région« . Une campagne avait aussi été prévue dans Nice Matin, sur le thème « Stop aux compétitions qui finissent mal ! ». Une façon de répondre à la campagne « Stop Pub » du printemps. On y voyait des nageurs qui s’apprêtaient à concourir et à plonger…dans une piscine vide. Image choc.
Mais cette campagne est « tombée à l’eau » si l’on peut dire. Elle n’a pas été acceptée par le quotidien régional au motif qu’elle était trop polémique, regrette l’UCC Méditerranée. Président de l’UCC nationale, Philippe Français s’est d’ailleurs étonné de cette attitude peu confraternelle : « tous les acteurs de la communication dans la région ont intérêt à professionnaliser les relations entre agences et annonceurs. L’attitude des responsables de la Mairie de Nice et du Conseil Général des Alpes Maritimes ainsi que cet interdit de la part d’un grand média n’y contribuent pas, » estime-t-il.
Et de rappeler que les agences-conseils de la région PACA représentent 1.500 emplois et contribuent au développement économique de la région, tandis que certaines exportent leur savoir-faire à l’étranger. « Pour prétendre au rang de région-capitale, la Côte d’Azur a besoin de faciliter le développement de ces compétences tertiaires supérieures. Communication, marketing et créativité sont devenus des attributs indispensables pour attirer des entreprises et pour créer des emplois« , plaide l’UCC qui en appelle à Christian Estrosi, sous sa casquette de ministre de l’Industrie.
Nice Matin censure une campagne des agences Conseil en Communication
CENSURE NICE MATIN COMMUNICATION – Des nageurs sur leur plot de départ face à une piscine olympique vide de son eau, tel était le visuel explicite d’une campagne de l’UCC Méditerranée intitulée « Stop aux compétitions qui finissent mal ! », que vous ne verrez pas dans Nice Matin, car refusée par la direction du groupe, la considérant « trop polémique ».
L’UPE 06 (l’Union pour l’entreprise), l’UCC (Union des Conseil en Communication) et l’UNIC (Union nationale de l’Imprimerie et de la Communication) avaient déjà eu les oreilles sérieusement échauffées par « une campagne agressive et outrancière » d’Éric Ciotti président du Conseil Général des Alpes-Maritimes qui, le 12 juin dernier, avait présenté à la Maison du Département de Nice, l’opération STOP PUB, campagne largement déployée en PQR (presse quotidienne régionale) et en affichage, « qui donnait une image négative des professions de la publicité et de la chaîne graphique, pourtant convaincues de la nécessité de limiter la production des déchets de tous ordres ».
Cette fois l’UCC Méditerranée*, syndicat professionnel qui regroupe 70 agences de communication du sud-est de la France voulait alerter les élus et l’opinion publique sur certaines décisions d’appels d’offres publics qui ne respectent pas le travail, la déontologie et l’investissement des agences-conseils de la région.
Deux consultations avortées par l’Office de Tourisme de la Ville de Nice et la Communauté Urbaine Nice Côte d’Azur sont à l’origine du courroux des agences qui considèrent que « faire travailler ainsi de façon inutile des entreprises dans un contexte de crise économique relève d’une certaine désinvolture » et d’une grande méconnaissance des contraintes d’un secteur de la communication représentant des centaines d’emplois sur la Riviera.
Les patrons d’agences de communication sont avant tout des chefs d’entreprises soumis, comme tous, aux aléas de la conjoncture économique. Ayant beaucoup investi en temps, en créativité et en argent dans ces projets, ils se sont sentis floués par le manque de considération de la collectivité à leur égard. « Cela fait beaucoup de mépris en peu de temps contre les agences-conseils de la Côte d’Azur et de la région » écrit dans un communiqué le Président de l’UCC-PACA qui souhaite l’appui de Christian Estrosi, Ministre chargé de l’Industrie : « aidez-nous à développer nos entreprises dans la région ».
Les agences-conseils de Provence Alpes Côte d’Azur rappellent qu’elles contribuent au développement économique de notre région. Pour prétendre au rang de région-capitale, la Riviera Côte d’Azur a besoin de faciliter le développement de ces compétences tertiaires supérieures. Communication, marketing et créativité sont devenus des attributs indispensables pour attirer des entreprises et pour créer des emplois.
*L’Union des Conseils en Communication Méditerranée regroupe 70 des plus importantes Agences du Sud-Est qui se sont engagées sur une charte professionnelle. Elles exercent leur activité dans tous les domaines de la communication: publicité, marketing opérationnel, internet et e-marleting, corporate et institutionnel, création d’événement et relations publique, design et édition…
L’UCC Méditerranée, un syndicat professionnel qui regroupe 70 agences du Sud-Est a lancé une campagne pour alerter les élus et l’opinion publique sur des décisions d’appels d’offres publics, qui ne « respectent pas le travail, la déontologie, et l’investissement des agences-conseils de la région ». Cette mobilisation vise les récentes décisions prises par l’Office de Tourisme de Nice et par la Communauté Urbaine Nice Côte d’Azur, d’annuler des compétitions, après avoir lancé les appels d’offres. « Faire travailler ainsi de façon inutile des entreprises dans un contexte de crise économique relève d’une certaine désinvolture et d’une grande méconnaissance des contraintes auxquelles les agences-conseil de la région sont confrontées » explique l’UCC Méditerranée . Le syndicat regrette par ailleurs que le quotidien Nice Matin ait refusé de publier dans ses pages cette campagne polémique.
Dans un communiqué, L’UCC Méditerranée, syndicat professionnel qui regroupe 70 agences de communication du sud-est de la France souhaitait alerter les élus et l’opinion publique sur certaines décisions d’appels d’offres publics qui « ne respectent pas le travail, la déontologie et l’investissement des agences-conseils de la région ». Une campagne prévue dans Nice Matin visait les récentes décisions prises par l’Office de Tourisme de la Ville de Nice et par la Communauté Urbaine Nice Côte d’Azur sur des consultations d’agences demeurées sans suite.
La Direction du Groupe Nice-Matin a refusé la parution de cette annonce au motif qu’elle était trop polémique.
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